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mercredi 10 janvier 2018

LES IMPORTUNÉES...


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Cela fait un moment que l'on réfléchit au nouveau souffle que l'on voudrait donner au blog, une nouvelle orientation, une évolution. Vous le savez, ce n'est pas la première fois qu'on l'évoque...On a vieilli, on a mûri, on a moins de temps à lui consacrer mais ce n'est pas pour autant qu'on veut l'abandonner, seulement faut-il qu'on lui insuffle une nouvelle énergie, une dynamique qui correspondrait plus aux femmes que nous sommes devenues. Après moult reflexions et conversations, il y a bien un truc qui revient toujours sur le tapis, c'est le nom que porte ce blog, son importance et sa définition. Et de plus en plus, on s'est dits qu'on avait envie de l'étendre cette sororité, accueillir d'autres "sisters" par ici. Et c'est vers ça que l'on va aller, lentement mais surement. On en reparlera le moment venu mais il y aura du changement et certainement un dialogue plus dans l'air du temps...

On vous dit ça aujourd'hui parce le post qui va suivre est lié à cette envie, disons qu'il peut en être un avant-gout, une mise-en-bouche. Il nous est difficile en tant que femmes, trois femmes qui partageons ce blog, de nier les actualités qui parlent de nos droits et de notre condition. Certains voudraient qu'un blog mode et lifestyle comme l'était exclusivement le notre à ses débuts s'en tienne aux sujets légers et aux looks de rue mais (et parce que le blog va peu à peu évoluer vers cela) comment se taire quand tant doit être dit? Nous sommes trois soeurs et nous en avons une petite dernière, nous avons une mère et des tantes, une grand-mère et des cousines, des amies, des connaissances...et quand les langues se délient, que d'histoires entendons-nous, quelles conversations passionnantes, quels débats enflammés. Alors, on s'est dit que ces sujets-là avaient pleinement leur place ici.

Ce qui nous a hérissé le poil c'est cette triste tribune parue dans Le Monde hier, une tribune amère rejetant un soi-disant féminisme haineux des hommes, clamant un droit d'importuner, en réaction au mouvement #metoo dont nous avions parlé ici-même.

C'est quand même dommage cette tribune publiée alors que la veille des milliers, voire des millions de femmes s'étaient senties ragaillardies, enivrées, inspirées, affirmées, par le magnifique discours d'Oprah Winfrey au Golden Globes, sans parler de ce mouvement collectif, Time's Up et ces dizaines d'actrices vêtues de noir. Ca avait de la gueule, bordel et ça a fait un bien fou. Et puis, le lendemain, consternation, on découvre cette tribune signée entre autres par Catherine Deneuve, Catherine Millet ou encore Brigitte Lahaie...Et on se dit que non, c'est une farce, une erreur d'impression, une fake news même. Mais non, c'est bien réel, des femmes, tout de même intelligentes et cultivées, ont décidé de venir défendre les pauvres mâles opprimées, vilipendés depuis l'affaire Weinstein, des hommes qui n'osent plus nous draguer ou prendre un ascenseur seuls avec nous. Quel retournement de situation! On se disait bien qu'il en était fini de la société patriarcale mais de là à ce que ça aille aussi vite. J'ai du rater un épisode...
Beaucoup de choses font mal dans cette tribune. 
Il y a cette confusion des sujets, maladroite et écoeurante, comme si une femme mettait dans le même panier une drague légère, flatteuse et délicieuse et un pénis qui vous est quand même totalement inconnu qui se frotte avec insistance sur vous pendant que vous êtes tranquillement accrochée à la barre d'une rame de métro bondée. Qu'un homme avec qui vous flirtiez pose sa main sur votre genou ou vous vole un baiser est charmant mais si cet homme est votre patron ou un collègue, c'est inadmissible. 
Il y aussi ce mélange du tout et du n'importe quoi quasi nauséabond, on y intègre la pédophilie quand la tribune évoque la censure artistique, ou cette incursion du fanatisme religieux soi-disant nourri par la fièvre provoquée par les enragées qui ont osé dénoncé leurs aggresseurs. 
Il y cette idée sous-jacente qu'en fait les femmes sont totalement stupides après tout, qu'elles sont incapables de faire la différence ou de hiérarchiser les événements de leur vie. Merci chère Catherine de le faire pour nous. A titre personnel, je me fais parfois siffler dans la rue ou un garçon va me dire que je suis charmante, c'est lourd mais ça passe...Par contre, quand je me suis faite agresser, frapper, insulter, toucher...j'ai su que j'avais eu à faire à de la violence, pas un non-évènement, et aujourd'hui, il ne me viendrait pas à l'esprit de mélanger ces sujets graves avec des anecdotes triviales. C'est mettre en doute l'habilité des hommes et des femmes de savoir distinguer le bon du mauvais, le tolérable et l'intolérable. Mais l'éducation et l'instinct font que les hommes, les bons, ceux qui respectent savent exactement ce qu'il ne faut pas faire ou dire...Si on met en doute cette zone d'ombre, cette ambiguïté...alors c'est que justement on est sur une pente glissante.
Il y a aussi cette opposition féroce entre le bon et le mauvais féminisme. Il y a la féministe cool qui met du rouge à lèvres et drague les mecs et de l'autre côté, celle qui a du poil aux aisselles, le cheveu gras et qui méprise la gente masculine. Parce qu'en fait, on en est encore là en 2018? C'est complètement occulter le mouvement féministe français contemporain accompagné par des figures charismatiques comme Lauren Bastide.
Et cela me mène à une autre pensée présumée dans cette tribune pathétique: le mythe de la mal-baisée. Et oui, on va parler cul les amis! Parce que forcément une femme qui ne veut pas qu'un parfait inconnu la tripote, c'est une femme qui refuse la séduction, le désir, la sexualité. Oui parce que dans cette tribune, on confond avec jubilation, séduction et harcèlement. Alors, la tribune nous dit qu'une "femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d'être l'objet sexuel d'un homme, sans être une salope"...Mais en fait qui a dit le contraire? Quand est-ce qu'une femme du mouvement #metoo a-t-elle fait intervenir une sexualité intime et des choix personnels dans son discours? Qui a dit qu'on ne pouvait pas aimer le jeu de dominant/dominée dans la chambre à coucher? Une féministe, ça aime aussi l'érotisme et la sexualité, une féministe hétérosexuelle a autant envie de faire l'amour avec un homme que vous chère Catherine Millet, une féministe ça veut aussi donner du plaisir, une féministe ça s'agenouille aussi devant un homme si l'envie lui en prend (je savais que ce post allait devenir olé-olé)...Et non, ça ne traite pas de salopes celles qui le font. Qu'il est triste de mélanger violence et sexualité. Qu'il est dommageable de confondre désir et contrainte.
Et enfin, ce pamphlet sur la victimisation si irrespectueux des femmes qui ont eu le courage de parler et dénoncer. Aucune femme ne prend plaisir à être "une pauvre petite chose, éternelle victime" comme c'est si joliment dit dans la tribune. Si elles sont des victimes, c'est qu'il y a des coupables mesdames!

Vous le constaterez, on est remontées mais y'a de quoi, on pourrait décortiquer cette tribune des heures et rebondir sur tant de choses mais ce serait trop long. Ce qui est décevant dans tout ça, c'est qu'un journal comme Le Monde ait pu publié un tel texte. Qu'il ait pu donner une parole aussi aigrie, déconnectée et archaïque. Les femmes qui ont signé cette tribune pensent galanterie et libertinage du haut de leurs tours d'ivoire germanopratines et s'offusquent de faits que, finalement, elles connaissent bien mal. Que celui ou celle qui a croisé Catherine Deneuve sur la ligne 13 récemment lève la main! 

Mais aussi ce qui nous gêne c'est qu'encore une fois la femme est la pire ennemie de la femme. Qu'on oublie qu'on est toutes dans le même camp. On a le droit de ne pas penser ou ressentir pareil mais on doit se serrer les coudes pour mieux se libérer.
Ici, aucune de nous n'est hostile aux hommes, bien au contraire. Parce que pour une grande majorité d'entre eux et ceux qui nous entoure, ce sont des êtres merveilleux, que l'on se plait à aimer, à séduire, avec qui on rit, on discute, on refait le monde...
Parce que cette tribune, est-ce qu'elle ne les stigmatise pas aussi finalement? En les faisant passer pour des être dénués de pensée, de sentiment, des individus aux pulsion incontrôlables. C'est leur donner une bien déplorable image.

On est tristes et déçues qu'en 2018 de tels discours soient encore prononcés et, même si on défend coute que coute la liberté d'expression, honte à toi Le Monde d'avoir été le complice d'un tel torchon parce que là, c'est clairement ta bande de femmes arriérées qui nous a importunées. 

mardi 2 janvier 2018

VERS 2018 ET AU-DELA...


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On l'a déjà écrit plusieurs fois par ici, chez nous, on n'est pas très résolutions et voeux du nouvel an parce qu'après tout pourquoi définir un jour particulier comme celui du changement, des recommencements, des projets, des renoncements...
Mais parce qu'on vous aime quand même tout plein, on a envie de vous écrire certaines choses.

Il faut bien le dire, 2017 a été une année intense, mouvementée, turbulente, mais parfois pour le mieux! C'est comme si les tourments de 2017 avaient servi à éveiller une nouvelle dynamique, une nouvelle force pour 2018. Et surtout, on a envie de penser à cette nouvelle ère qui s'annonce, une époque portée sur le féminin! 
Jamais être femme n'a semblé plus excitant qu'aujourd'hui, jamais nous étions nous senties aussi puissantes et affirmées. Alors merci à 2017 d'avoir su nous secouer pour mieux nous réveiller.

Homme ou femme, on a envie de tous vous souhaiter de vous indigner, de vous révolter, de croire en vous, le tout pour mieux vous épanouir. Ayez des projets fous, faites-vous plaisir, soyez frivoles et profonds. Le monde est en train de changer alors n'ayez pas peur de changer avec lui, réécrivez votre parcours, sortez des sentiers battus. Tout ne sera pas rose, ah ça non, on le sait bien, mais sûrement qu'en pensant et agissant collectif, on sera plus forts. Soyez heureux, soyez un peu cons, soyez amoureux, soyez ambitieux!
Embrassez qui vous voulez et souvent.
Amusez-vous, tout le temps, dans tous les contextes, même au boulot!
Délestez vous de ce qui vous ne sert pas: les grincheux, les angoisses, votre énième t-shirt blanc H&M.
Faites des nuits blanches à aimer, à errer dans Paris, à écouter de la musique, à regarder Netflix.
Buvez du champagne à en rire aux éclats.
Mangez des gâteaux faits avec amour.
Envoyez des missives enflammées.
Voyez plus souvent vos amis.
Riez.
Pleurez aussi si ça vous fait du bien.
Gueulez un bon coup si nécessaire.
Osez rester tout votre dimanche au pieu.
Ne culpabilisez plus.
Dansez sous la pluie.
Dormez au soleil.
Portez du rose et des paillettes.
Mettez des talons pour aller danser.
Faites tourbillonnez vos robes.
Admirez des soleils couchants.
Voyagez.

Et surtout, aimez les autres et encore plus, vous-même!

Pour 2018, on vous souhaite que la vie soit belle!

mardi 7 novembre 2017

ELOGE DE L'IMPERFECTION


Pendant longtemps, j'ai cru que je devais être parfaite: ça allait de ma scolarité à mes relations amoureuses en passant par mon apparence et mon caractère. C'est en analysant l'origine de mes troubles de l'anxiété que ma sophrologue m'a un jour déclaré qu'un de mes problèmes principaux était cette "perfection". Peut-être (Sûrement!) que je ne l'étais pas mais je ne m'autorisais aucunement à imaginer une seconde ne pas tout faire pour l'être et souvent cela passait par cette obsession que l'on peut avoir à vouloir projeter une image de nous, faire plaisir à nos proches...tout en niant allègrement qui on est vraiment. Je ne dis pas que je trichais mais je voulais répondre à des critères exigeants que je m'étais moi-même imposée. Le pire dans tout ça, c'est que parallèlement je suis la personne la plus ouverte d'esprit quand il s'agit des autres, toujours à accepter les défauts et encourager les erreurs de parcours. 
Parlons-en d'ailleurs des erreurs de parcours...Des quoi?  Désolée mais cette expression ne fait pas partie de mon vocabulaire et aujourd'hui, du haut de mes 34 ans, je donnerais n'importe quoi pour avoir vécu de ces errances qui vous forgent et vous forment...Vous me direz, il n'est jamais trop tard: la crise de la trentaine, me voilà!!
Plus sérieusement, ce qui est compliqué dans tout ça c'est que déjà nous pauvres humains, on est rarement très tendres avec nous-mêmes, alors autant dire que les injonctions qu'on se reçoit en pleine tronche depuis l'enfance, elles font mal, très mal! Je vais prendre des exemples plus féminins parce que je suis plus familière avec ce sujet mais évidemment ces messieurs sont tout autant concernés. Ces injonctions banales faites aux femmes, vous savez celles qui nous demandent d'être belles, épilées, intelligentes, sexy, maternelles, discrètes, drôles...D'être des épouses, épanouies dans notre boulot et des mères...Parce que ça, c'est clairement plus possible, c'est épuisant et violent. Suffit d'entendre toutes ces femmes trentenaires à qui l'on dit qu'il faut qu'elles songent à avoir un enfant sinon il sera trop tard. Donc non seulement, on s'immisce dans leur intimité,  mais en plus on leur fout la pression et la trouille. A cela s'ajoute cette petite idée pernicieuse qu'en fait, si on n'est pas mère, on n'est pas totalement femme....Sur ce sujet, il faut absolument lire le magnifique témoignage de la blogueuse Garance Doré qui raconte comment après des mois de traitements, d'angoisse, de tensions avec son compagnon, elle a décidé d'arrêter d'essayer de tomber enceinte (en tout cas de manière médicale) parce que ça la plombait totalement. Je ne vais pas trop m'attarder longuement sur cet aspect là de son discours parce que ça sera l'objet d'un prochain post. Mais ce que j'ai surtout aimé c'est comme en prenant cette décision, elle s'est enfin retrouvée avec elle-même, qu'elle a enfin décidé de s'écouter plutôt que d'écouter. Accepter un parcours un peu différent parce que se conformer ne la rendrait pas forcément plus heureuse. Parce qu'il est là le souci majeur de ces injonctions sociétales, c'est qu'elles veulent qu'on se conforme, qu'on suive un schéma établi et même si ce schéma s'est étiré avec la libération de la femme, il reste encore soumis à la sainte trinité des commandements féminins: Mère-Femme/Amante-Working Girl. Et si jamais on soustrait ou privilégie l'un deux, gare à vous: vous êtes mère au foyer? Vous êtes réac! Vous êtes une workaholic? Vous n'avez pas de vie! Vous êtes une grande amoureuse? Vous êtes une sa....
Et là où ça se corse, c'est que maintenant les injonctions se veulent pseudo-positives: vous avez vu le nombre de bouquins ou de titres de magazines qui nous disent d'être heureux, de mangez mieux, d'être calme, d'être épanoui...Non seulement, contrairement à l'effet escompté, ces sommations sont anxiogènes parce qu'elles pointent le doigt sur nos angoisses et nous ordonnent d'y mettre fin à tout prix comme si en fait, on adorait être tristes et déprimés, et que vraiment, ce serait bien qu'on fasse un effort parce que ça commence à bien faire là. Mais à contrario, justement, elles nous empêchent aussi de vivre pleinement nos émotions! Avoir un coup de blues, un coup de mou, un coup de bambou, c'est pas non plus un drame. Parfois, on a besoin de souffrir pleinement d'un chagrin d'amour, d'une dispute, d'un deuil, d'un licenciement, d'avoir raté un épisode de Riverdale...pour mieux s'en relever. 
Nier qu'on va mal, c'est nier qu'on est vivant! 
Alors oui, c'est bon de faire le tri dans tout ça et de prélever ce qui peut nous aider à se sentir mieux dans ses baskets mais surtout soyez vous-mêmes, ne cherchez pas à faire plaisir aux autres et ne vous conformez pas si ce n'est pas ce que vous souhaitez. Etre parfait c'est chiant à mourir. Dans la céramique traditionnelle japonaise, on chérit, que dis-je, on célèbre les défauts. Les fêlures sont réparées à l'or et à l'argent et sont ainsi mises en valeur. 
Alors, pensez-y la prochaine fois que vous êtes triste ou en colère et qu'on vous le reproche: vos imperfections c'est de l'or en barre!

mercredi 18 octobre 2017

#METOO OU COMMENT LES FEMMES EXPRIMENT CE QU'ELLES ONT TOUJOURS TU


Alors que nous sommes un blog porté par trois soeurs et donc trois femmes, il nous aurait été difficile de faire abstraction du phénomène qui s'empare des réseaux sociaux depuis que l'affaire Weinstein a éclaté...
Inutile de vous rappeler en détails les faits: un homme qui a abusé de son autorité et de son pouvoir pour harceler ou agresser des femmes.

Un phénomène tristement banal et, justement, parce qu'à tort, il a été considéré depuis trop longtemps comme ordinaire, de nombreuses femmes ont décidé de raconter ou du moins d'exprimer par un simple hashtag qu'elles aussi, ça leur était arrivé...Et de là, de voir émerger un phénomène considérable, libérateur et déconcertant à la fois.

Avec #metoo, lancé la semaine dernière par l'actrice Alyssa Milano sur Twitter, dix après l'activiste Tarana Burke, des milliers de femmes ont trouvé le moyen de libérer la parole, pour certaines, se sentir moins seules pour d'autres.
Ce "moi aussi" mondial met le doigt sur tant de moments de vie qu'on a voulu occulter, oublier, nier...parce qu'on se disait que ça ne devait pas être si grave et au pire, normal.
Cet homme qui a ouvert son imper devant nous dans une ruelle silencieuse à l'adolescence, ces mains aux fesses, ce frotteur au souffle haletant dans le métro, ces "Eh, tu su..."?...
Ca fait partie du quotidien, non? Pas de quoi fouetter un chat, si?
Et puis, ces instants qui sont un peu plus imprégnés dans la mémoire: ce professeur de droit qui en me faisant passer un oral m'a déclaré qu'il se faisait une joie de me mettre une mauvaise note pour le plaisir de me revoir en septembre parce que j'étais vraiment trop charmante: il l'a fait, je ne suis pas allée aux rattrapages et j'ai arrêté le droit... Ce policier alors que j'avais quatorze ans qui m'a barré la route avec un collègue en plein après-midi et m'a demandé où j'allais "jolie comme ça". Il m'a demandé si j'avais un petit ami tout en me tenant le bras, que j'étais belle, que mon t-shirt était mignon et moi, de trembler comme une feuille et de prier tout bas qu'il ne m'emmène pas dans sa camionnette garée devant nous. Son collègue au bout de cinq longues minutes lui a demandé de me laisser partir,  "tu vois bien que tu lui fais peur à la petite"... Le policier m'a lâchée tout en me disant "mais non... hein que je te faisais pas peur...". Il y a eu ces hommes à l'hotel de ventes Drouot quand j'étais stagiaire dans une maison de ventes qui me complimentaient sur mes jupes courtes et me disaient que décidément "ils savent les choisir leurs stagiaires..." 
Etc, etc...
D'autres événements plus graves ou plus légers...
Jusque maintenant je n'en avais jamais vraiment fait état, c'étaient des anecdotes de soirées alcoolisées, des trucs dont je rigolais même. 
Et puis, ce mouvement de femmes m'a donné un outil, une sorte de concept libérateur, un mot-clé sous lequel mettre toutes ces choses multiples et complexes que l'on peine toujours à nommer.
Alors oui, ces mouvements #metoo ou #balancetonporc et les autres, sont aussi problématiques car une fois encore, ils font porter le fardeau de leur agression aux victimes. C'est aux femmes de s'avancer encore une fois dans l'arène pour dire tout haut ce que souvent elles préfèrent garder tout bas, enfouies en elles, honteuses et apeurées. 
Une fois encore le coup de projecteur est sur les victimes et non les coupables, ce sont elles qui remplissent les tristes statistiques et non pas eux...

Et pourtant aussi épineuse soit-elle, cette démarche a du bon parce qu'elle écrit une histoire, une histoire composite et globale (évidemment, nous on a de la chance de pouvoir rejoindre ce mouvement alors que tant de pays oppriment violemment les femmes et les filles), une histoire des femmes qui se tiennent par la main et se réunissent, solidaires et bienveillantes. 

Et, avis aux garçons, tout ceci prendra plus de poids si vous aussi vous prenez vos responsabilités. Si on veut qu'il y ait un véritable après "metoo", il faut que vous aussi vous agissiez!

mercredi 4 octobre 2017

INSTAGRAM NOUS DECOINCERAIT-ELLE?

Je ne veux pas parler ici de nos autres selfies, moues aguicheuses, gambettes alertes, fesses rebondies ou regards ténébreux que l'on aime à distiller sur l'application pour mieux se (faire) liker...mais plutôt de la manière dont notre rapport au sexe et à l'amour, enfin surtout la façon dont on en parle et finalement le consomme sur le réseau social, a été modifié.
Certains ont bien compris que des mots savamment choisis ou qu'un coup de crayon étudié, pouvaient faire monter le rouge aux joues beaucoup plus subtilement, et il faut voir comme on les aime ces comptes. Instagram est avant tout une affaire d'images mais le format de l'application se prête merveilleusement bien aux déclarations enflammées et autres punchlines affriolantes. 
Surtout ce qui me fascine, c'est l'aisance avec laquelle on va liker publiquement des paroles crues ou la représentation certes subtile mais fortement identifiable, d'une fellation (et oui, il faut appeler un chat, un chat). Jamais on oserait en faire autant s'il s'agissait d'une photo ou d'un extrait vidéo - tu te vois sur Facebook: "salut les amis, je suis une grande perverse!"... La force et la beauté de ces comptes c'est qu'ils parlent de quelque chose d'éminemment naturel qui concerne logiquement à peu près tout le monde (dois-je rappeler à certains comment ils sont arrivés sur cette terre?), qu'ils le font sans niaiserie ni hypocrisie et qu'ainsi ils nous titillent, nous provoquent et nous séduisent. Consulter ces comptes Instagram, c'est comme lire des passages érotiques dans un roman ou observer un tableau sensuel, ça fait bouillir notre imagination et nos sens et c'est peut-être ça qu'il nous manquait. Dans une ère où tout nous est servi sur un plateau d'argent: la pornographie, la nudité dans son expression la plus brute (merci Tinder et ses "dick pics") mais aussi le sentimentalisme de bas-étage avec la télé réalité, c'est pas désagréable que certains nous rappellent qu'on a un cerveau et qu'on peut s'en servir à développer les fantaisies les plus libertines. Alors, oui j'assume totalement mes coups de likes sur des posts tantôt trash, tantôt romantiques et tantôt insolents, parce que pendant longtemps on a un peu aseptisé ou au contraire un peu tâché ce qui concernait le sexe et même l'amour (parce qu'après tout entre deux amoureux, il y aussi un rapport délicieusement charnel), et que j'ai besoin de pouvoir rire ou m'émouvoir de cette thématique.

Alors qu'on a jamais pu autant avoir accès à la pornographie, il parait que la jeune génération n'a jamais eu aussi peu de rapports sexuels (va savoir pourquoi! La faute aux écrans, au virtuel?...toussa, toussa...) donc si on peut lui donner envie de se réconcilier avec le sujet, voici quelques comptes qui valent le détour.

@cdlv:
Allen est américain et se présente comme poète. Il propose des déclarations souvent amoureuses avec une esthétique de machine à écrire délicieusement rétro. Oui j'inclus ici aussi des comptes "romantiques" parce que j'ai du mal à distinguer le sexe de l'amour et vice-versa: c'est grave docteur?



Bon ici, faut l'avouer on est dans un registre beaucoup plus trash mais Florian Nardon qui a créé ce compte ose tout simplement écrire tout haut ce qu'on pense tout bas. Y'a pas de demi-mesure, et c'est foutrement (sans mauvais jeu de mots!) bon!


Certainement mon chouchou, parce que non seulement l'illustrateur qui se cache derrière ce compte nous propose des petites douceurs intimes et spontanées merveilleuses mais aussi parce que son coup de crayon graphique donne envie de les collectionner. Il a aussi l'intelligence de rendre ses personnages anonymes ce qui permet une meilleure identification...
(J'ai choisi une image assez soft parce que je sais qu'on a un lectorat varié alors je ne voulais pas heurter vos sensibilités, les amis)


Un autre de mes préférés parce que ce compte bah il fait battre le coeur à la chamade. Y'a pas à dire, cette compilation de sms d'amoureux anonymes, elle te retourne l'esprit et les sentiments et surtout, elle contredit tous les grincheux qui clament, qu'aujourd'hui avec les nouvelles technologies, on ne sait plus écrire, s'écrire. Et bien, on peut vous dire qu'à la lecture de ces pépites, y'en a qui ont de sacrément belles plumes. Parfois c'est grandiloquent, parfois c'est triste, parfois c'est sexuel, parfois c'est tendre...mais, toujours, c'est très vrai.


Je voulais finir avec la créatrice de petites culottes si joliment brodées parce qu'à sa manière aussi elle a participé à ce mouvement, en proposant aux filles de s'assumer en petits dessous délicats, arborant les prénoms de leurs amoureux ou autres messages plus coquins. C'est aussi ça réinventer l'érotisme, le placer au centre du féminin, du doux, du sensuel...Ce que j'aime aussi c'est tout l'univers que la créatrice  propose sur son compte avec des photos voluptueuses et des textes enflammés.




lundi 4 septembre 2017

LA RENTRÉE


Qu'on ait 7, 27 ou 47 ans, la rentrée semble toujours avoir le même effet sur nos petites âmes routinières. 
Oui la rentrée, c'est un recommencement, plein de promesses que l'on se fait, des attentes, des envies mais aussi quelques craintes. 
Après tout, les thématiques changent avec l'age mais les interrogations sont toujours là: que ce soit la peur de ne pas être dans la même classe que ses copines ou l'angoisse de ne pas obtenir la promotion tant attendue, que l'on fasse le serment d'avoir des bonnes notes ou que l'on donne sa parole, promis, juré, qu'on va enfin s'inscrire à ce cours de yoga...On est tous les mêmes, la rentrée est un marqueur, une pierre... ou plutôt un nouveau cahier et un nouvel agenda. 
C'est fou d'ailleurs, vous avez remarqué comme, même si on a repris le boulot le 20 aout, on est quand même rattrapé par cette notion de rentrée la semaine de la rentrée scolaire comme si toute la nation devait se mettre au pas des écoliers. A titre personnel, cela fait plus de dix jours que je suis revenue de vacances et pourtant, aujourd'hui, la rentrée raisonne comme le point de départ de l'année à venir...
C'est étrange aussi cette idée de compter en année scolaire alors qu'on est ni enfant, ni parent...
D'une manière générale, j'ai toujours beaucoup aimé le mois de septembre pas seulement parce que c'est le mois de mon anniversaire ( avis à bon entendeur!) mais parce que j'aime cet entre-deux qu'il symbolise si bien, l'été qui s'étire encore un peu et l'automne qui se révèle en douceur. Ce passage pendant lequel on veut encore garder quelques bribes de notre bronzage tout en rêvant à des chocolats chauds au coin du feu, on dévore les "spécial mode" des magazines et leurs silhouettes hivernales alléchantes tout en refusant catégoriquement de ranger nos sandales...
Peut-être qu'on y tient à cette rentrée, parce qu'elle se fait l'écho de notre enfance, qu'elle nous permet de la faire ressurgir sans embarras, qu'elle est une bonne excuse pour coller des autocollants sur notre emploi du temps et pour acheter des stylos à paillettes. 
Que grace à la rentrée, on peut de nouveau avoir 10 ans, au moins le temps d'une semaine. 
Alors puisque dans tout pile 21 jours, je vais fêter mes 34 ans, j'ai décidé d'en profiter un peu et d'avoir 14 ans toute cette semaine...

Belle rentrée à tous!

lundi 19 juin 2017

LE T-SHIRT CONTESTATAIRE

J'ai toujours aimé porter des t-shirts à message. 
Ado, je faisais passer tout ce que je n'osais exprimer à haute voix à l'aide de t-shirts soigneusement sélectionnés.
Avec le "We Should All be Feminists" de l'écrivaine féministe, Chimamanda Ngozi Adichie, repris par Dior sur un t-shirt (vendu à 550 euros!), on a vu déferler une ribambelle de it-girls, mannequins, influenceuses...se pavanant fièrement avec leur acquisition. Et cela a crée polémique!
Comment faire la différence entre effet de mode et engagement?
Y'a pas à dire, le féminisme est devenu tendance. Il est devenu un véritable outil marketing dégainé par les chanteuses populaires et autres célébrités...La plupart brandissant l'argument féministe pour justifier leurs poses lascives sur les réseaux sociaux et leurs clips dénudés: je suis féministe donc je peux montrer mon cul pour vendre des disques. 
Evidemment, je ne souhaite pas soulever ici un débat stérile et crois sincèrement qu'on peut être hyper sexy et montrer ses nibards tout en étant une féministe véridique. 
Le souci véritable c'est qu'on s'y perd un peu et qu'il est devenu difficile de distinguer les personnalités sincères de celles qui profitent d'un coup marketing.

Porter un t-shirt féministe est devenu un phénomène de mode mais apparait aussi comme un écho des bouleversements de notre société, la Marche des Femmes ayant suscité un engouement mondial.
Sur cette photo, vous me voyez avec un t-shirt "The Future is Female", une réédition d'un t-shirt de 1975, par la marque Otherwild qui reverse 25% de la vente à une association de Planning Familial. 
J'aime beaucoup ce t-shirt que j'ai fait rapporter des Etats-Unis et je le porte souvent fièrement. 
Et je sais, qu'en le mettant, je délivre un message tout sauf anodin (suffit de voir les regards parfois très agressifs de certains hommes quand ils lisent le slogan) mais auquel je crois fortement.
Jamais je ne dépenserai 550 euros pour un t-shirt Dior qui a fait sien les mots puissants d'une écrivaine même si un pourcentage des ventes est aussi censée être reversée à une association fondée par Rihanna parce que l'idée me gêne profondément (et surtout je n'en ai pas les moyens!) mais je suis toujours une bonne cliente de t-shirts à message moins onéreux.

Honnêtement, je ne sais jamais ce qui me motive réellement à exhiber des convictions de la sorte: peut-être parce que je suis une grande timide et que le vêtement fait le boulot à ma place, certainement aussi (il faut bien l'avouer) parce que je trouve ça cool mais aussi parce qu'il est bon aussi de venir bousculer la rue: mon t-shirt soulève à chaque fois des commentaires, des sourires, des regards...
Le t-shirt contestataire ne fait pas toujours de nous des grands révolutionnaires mais il a au moins le mérite de soulever une interrogation.

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mercredi 19 avril 2017

ODE A LA TRENTAINE


Quand j'avais aux alentours de 27-28 ans, on se regardait souvent en gloussant avec mes amies et on se rappelait avec crainte que nous approchions de la trentaine et que le fatidique anniversaire n'allait pas tarder: c'est comme si on était foutues, qu'on allait devenir vieilles... Pourtant, quelques semaines avant mes 30 ans, je n'avais qu'une hâte, que cette nouvelle décennie arrive enfin! Aujourd'hui, j'ai 33 ans (et demi!) et je n'ai jamais été aussi bien dans mes baskets! La fin de ma vingtaine a été quelque peu chaotique ce qui explique un peu mon envie de passer à un nouvel age, comme si cette transition laisserait derrière elle ce qui m'avait chahuté, mais c'est surtout maintenant, en prenant du recul, que je réalise à quel point la vingtaine est une décennie moins heureuse que l'on veut bien le croire. Souvent nos 20 ans sont associés à la vie étudiante, les premiers pas vers l'indépendance, les bases d'une relation amoureuse sérieuse...mais tous ces moments de vie aussi excitants et enrichissant soient-ils, sont aussi terriblement angoissants. On ne sait pas trop vers quoi on se dirige, viennent les questions existentielles, la crainte de ne pas trouver un emploi stable, de prendre les mauvaises décisions,...on se cherche encore, on n'est beaucoup moins adultes qu'on ne l'imagine et entre cette envie folle de profiter de la vie et de s'amuser, s'immiscent des craintes vicieuses. Tout n'est pas parfait aujourd'hui mais je me sens bien et plus éclairée. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas, vers quoi je tends et ce à quoi j'aspire...Rien n'est écrit et tracé mais je suis moins frileuse et j'ose bouleverser des schémas que j'avais moi-même établis, j'y vois plus claire. Et surtout, je me sens hyper bien dans ma peau et c'est un aspect de la trentaine des plus délicieux. Quand j'en parle avec mes amies, c'est un constat qui revient souvent...Cela doit être lié à cette confiance mentale que l'on développe à cet âge-là...je pense aussi que ça a quelque-chose à voir avec le fait qu'à 30 ans on se connait mieux et on se valorise mieux. Adieu les errances vestimentaires, les accidents capillaires ou maquillage. On sait désormais ce qui nous va et on en joue, célébrant un potentiel de séduction à son maximum. Et ça c'est vraiment chouette pour l'égo! Je ne sais pas vraiment ce qu'il en est pour les garçons...mais pour nous les filles, la trentaine est une décennie des plus douces (et je crois que ça continue comme ça bien au-delà de 40 ans et c'est une excellente nouvelle!). A 33 ans, je me sens jeune et mature à la fois et c'est une équilibre subtil mais idéal!

P.S: A l'attention de Charley qui vient de fêter ses 30 ans...T'inquiète pas, ça va très bien se passer!

lundi 13 mars 2017

LA VIE DES AUTRES

Vous allez penser que c'est une obsession cette envie d'écrire sur les réseaux sociaux ces derniers temps, mais je trouve l'exercice intéressant car il me pousse aussi à plus d'objectivité et de réflexion.

Rare sont les personnes qui n'ont aucune présence sur les réseaux sociaux, j'en connais quelques unes et je les admire tout en me demandant pourquoi moi, j'ai choisi cette exposition. Evidemment, je tiens un blog donc il faut croire que je ne cours pas après l'anonymat sur le web même si entre ma vie privée et ce que je montre/raconte sur ce blog, il y a heureusement un gouffre! Mais pourquoi est-ce que je ressens le besoin d'avoir un profil Facebook et un compte Instagram? Souvent, je me justifie en me disant que cela me permet de rester en contact avec des amies d'enfance, les amis de l'étranger ou ma famille en Angleterre...Je ne me sens pourtant pas dépendante des réseaux sociaux, je pourrais faire sans: j'adore les relations épistolaires que je poursuis malgré ma présence sur le web, je ne parcours que très rarement mon fil d'actualité Facebook...Mais il y a des avantages dont je ne me passerai pas comme cette conversation de groupe Messenger que nous avons mes quatre frère et soeurs et moi, conversation sur laquelle nous débattons, nous racontons nos vies, demandons un avis sur une tenue, nous envoyons des conneries...Une bulle intime et fraternelle d'autant plus indispensable depuis que Christy est partie à L.A, avec cette conversation c'est comme si elle était là juste à côté à réagir à nos bêtises mutuelles. Depuis plusieurs mois, je poste de moins en moins sur Facebook mais je demeure accro à Instagram et je crois que grace à cela, j'ai compris que petit à petit, je prenais de plus en plus le meilleur des réseaux sociaux pour abandonner leur plus futile aspect: privilégier l'esthétisation, la mise en scène, le partage de jolies choses, plutôt que la surexposition personnelle...d'où mon envie de préférer Instragram à Facebook.




On entend tout et son contraire sur les réseaux sociaux, on en abuse ou on les honnit...Quelqu'un comme notre père est atterré par Facebook et co., critiquant notre faculté au "striptease intellectuel", cette obsession que nous avons de nous dévoiler et d'observer la vie des autres alors que notre petite soeur de 18 ans ne passe pas une minute sans créer une story Snapchat ou prendre un selfie. Je ne me retrouve pas dans le comportement de ma soeur (qui ne me choque pas puisqu'il est générationnel) parce que peut-être que je suis trop âgée du haut de mes 33 ans pour jouer à ce jeu tout comme je trouve le discours de mon père caricatural. Comme dans tout, il y a du bon et du mauvais, des démarches extrêmes, et qu'il faut surtout savoir faire preuve d'équilibre et de bon sens.
Je crois que ce qui me plait tant avec Instagram c'est ce jeu de la jolie photo, je prends très au sérieux mes posts quotidiens sur le réseau, alternant mes photos horizontales et verticales, la mise-en-scène de mon quotidien que je rends si esthétique. Quand je poste sur Instagram ce n'est pas pour partager un moment intime mais plus pour montrer une belle/tendre/drôle image, il y a une vraie volonté de scénarisation, on est très loin du post natural et spontané...C'est ce que je ne retrouve pas sur Facebook même si je pourrais y adopter la même démarche mais c'est aussi parce que le médium est moins simplifié et concis. Depuis peu, je me suis mise aux Stories sur Instagram et là encore, même si je peux donner l'impression de montrer des bribes de ma vie personnelle tout à fait passionnantes, comme mon chien broutant de l'herbe au parc, un retour en taxi de nuit dans les rues de Paris, une capture d'écran de ma sérié préférée sur Netflix, c'est plus pour retrouver un rapport un peu décontracté avec l'outil, loin de la psychorigidité de mes posts du Newsfeed, plutôt que d'inviter les spectateurs dans mon intimité. Je vous dit tout ça parce que je voudrais aussi surtout vous rappeler à quel point on peut tricher sur les réseaux sociaux, et que lorsqu'on se met à rêver sur des profils, à envier des utilisateurs et leurs vies parfaites, se dire qu'on ne voit que ce que les gens veulent vous montrer. Vous n'imaginez pas à quel point il peut y avoir une incohérence chronologique totale dans mon fil Instagram. Evidemment, quand j'ai posté une photo du mariage de ma soeur, c'était bien le jour de son mariage mais parfois, si je poste une photo d'un repas, d'un bouquet, de mon chien ou autre...elle peut très bien avoir plusieurs semaines voire mois. Je peux poster une photo hyper mignonne de mon couple vous donnant l'impression de deux amoureux transis un jour de grande dispute entre nous, je peux dévoiler une photo d'un repas hyper gourmand alors que j'ai passé ma journée à bouffer des biscuits devant mon ordinateur tout comme je peux poster une photo de moi bien sapée, belle et souriante, un jour de déprime, malade au fond de mon lit...Je mets en scène ma vie à ma guise comme le curateur que je suis dans la vie professionnelle. Moi aussi, je regarde certains comptes Instagram avec des éclairs de jalousie dans les yeux, enviant ces filles parfaites, aux vies parfaites, aux fringues parfaites, aux maisons parfaites, aux mecs parfaits...mais en fait, je ne sais rien d'elles, peut-être qu'en fait elles sont tristes, en colère, en deuil...Et c'est pareil pour moi, en regardant mon Instagram, on découvre des informations quelconques à mon sujet: que j'ai un chien, un mari, une grande famille et une vue sur la Tour Eiffel, mais que sait-on de mes peurs, de mes angoisses, de mes soucis,...?
La vie des autres n'est pas telle qu'elle nous est montrée et c'est là, la force des réseaux sociaux, là où je pense qu'on peut les utiliser à bon escient, s'amuser de ce qu'on peut en faire. C'est pour ça que je ne rejoins pas mon père et son "striptease intellectuel" car rares sont ceux qui le font vraiment (et là encore il y a de tout: certains le font très intelligemment, avec un effet quasi-cathartique tandis que d'autres sont un peu trop dans la Kardashianisation de leurs existences).

Alors, observez cette vie des autres avec distance et si vraiment vous ressentez un pincement de coeur, une jalousie trop forte, de celles qui vous font vraiment du mal, et bien désabonnez-vous de ces comptes-là, c'est qu'ils n'en valent pas la peine, moi je l'ai fait pour certaines raisons et ça va beaucoup mieux!

Allez, sur ce, je vais aller compter mes likes sur Instagram!

(Je parle ici de mon compte personnel, mais vous pouvez nous suivre sur @thesistersdiary)

mercredi 8 février 2017

LE JOUR OÙ LES RESEAUX SOCIAUX M'ONT GAVÉE

Il y a 6 jours, Beyoncé annonçait sa grossesse sur Instagram et internet s'est enflammé!
Aucune envie ici de jouer les sombres grincheuses car j'ai sincèrement été touchée par cette nouvelle et ai trouvé les photos qui lui ont servi à annoncer sa grosses gémellaire, ravissantes...Mais ce qui m'a réellement agacé, c'est l'emballement surréaliste qui a suivi!

Que ses millions de fans se réjouissent et en fassent la photo la plus likée de toute l'histoire d'Instagram est sympathique et charmant et je dois reconnaitre que je fais moi-même partie de ces personnes totalement fascinées par la star américaine, que chacune de ses prestations me rend hystérique et que j'écoute en boucle ses albums. Mais que cela se transforme en l'info de l'année est quelque peu dérangeant.

Dérangeant parce que nous ne savons plus faire le tri entre ce qui est vraiment important et ce qui est futile: internet, les chaines info en continu, les réseaux sociaux...ont rendu le moindre non-événement primordial.
Dans l'heure qui a suivi l'annonce de sa grossesse, j'ai vu passé des centaines d'articles de sites ou blogs (pour la grande majorité, anglo-saxons) avec des titres exaltés, certains allant même jusque qualifier cette nouvelle comme LA nouvelle dont avait besoin l'année 2017. Alors, certes, en des temps moroses comme les nôtres, toutes les jolies choses nous réjouissent mais personnellement, la nouvelle la plus merveilleuse que pourrait nous offrir 2017 à mes yeux serait qu'on ait trouvé un vaccin contre le cancer, le sida, que le monde ait éradiqué la pauvreté, la guerre...
Oui, je suis cynique mais je l'assume!
Je suis ravie pour Beyoncé qu'elle attende des bébés mais ça m'a fatigué. Encore une fois, je ne lui reproche pas d'avoir fait cette annonce surtout qu'elle l'a fait, comme à son habitude: avec panache, créativité et beauté et puis, quand on est une star mondiale comme elle, mieux vaut court-circuiter les journaux people...Toutefois, cela m'a filé un sacré électrochoc, parce que oui, je suis aussi fautive que n'importe qui dans cette histoire, moi aussi je peux passer de longues minutes à me balader sur mon fil Instagram ou mon mur Facebook, moi aussi je mets des like ou des coeurs sur des articles, des photos, des vidéos qui m'émeuvent, me mettent en colère, me font rire...Moi aussi je partage des trucs plus ou moins intéressants...Et certainement que moi aussi, je devrais réfléchir un peu plus avant de liker à tout va!



Le problème avec l'emballement provoqué par l'annonce de sa grossesse c'est que ça a finalement montré les réseaux sociaux sous leur pire jour...celui d'être le reflet de notre superficialité et de notre frivolité. Nous devons réapprendre à hiérarchiser l'Information et surtout nous appliquer à employer notre énergie à des combats qui en valent vraiment la peine. Pourquoi je dis ça? Parce que tout ceci est allé encore plus loin lorsqu'une de mes blogueuses préférées, Leandra Medine de Man Repeller ait été obligée de faire un mea-culpa suite à un article publié au sujet de cette annonce. Lendra est une jeune femme brillante qui partage ses émotions avec une sincérité extraordinaire et, avec l'annonce de la grossesse de Beyoncé, elle a spontanément publié un post exprimant à quel point elle avait été blessée par cette déclaration publique, elle qui venait de faire une fausse couche et bataille depuis des années avec des problèmes d'infertilité et à quel point elle ne supportait pas de voir des images de femmes enceintes épanouies sur les réseaux sociaux: un cri du coeur poignant et authentique. Fidèle à elle-même, elle a utilisé un ton honnête et franc, et cela a déplu. Son article m'avait beaucoup touchée et j'ai été choquée de découvrir le lendemain qu'elle avait du en réécrire une partie tout en s'excusant de ne pas avoir plus réfléchi et pris de la distance en se focalisant sur son intimité pour critiquer un système complexe. Certes, elle s'est attaquée à un sujet difficile: celui d'accepter ou non ces publications qui étalent du bonheur, de l'amour, de la joie quand soi-même on passe un mauvais moment...mais rien dans son article n'était désobligeant à l'égard de la chanteuse. Et c'est là que j'ai compris qu'on avait atteint un point assez critique: j'avais envie de dire à ses détracteurs qu'il y a certainement des choses qui se passent dans le monde qui méritent plus de révolte que le fait d'avoir osé un tant soit peu, ne pas s'enchanter de la grossesse de Beyoncé. Et je ne parle même de ces personnes qui se sont fait lyncher pour avoir dit qu'ils se foutaient carrément de sa grossesse.

Moi je ne m'en fous pas de sa grossesse, je trouve ça adorable mais je m'en fous en tant que sujet d'actualité: pas besoin que ça apparaisse 150 000 fois sur mon fil d'actualité (alors, oui autre débat, vous allez me dire que rien ne m'oblige à checker mon fil d'actualité et vous avez raison mais ça c'est un autre sujet, une detox à mettre en place ;) et je n'aurai jamais partagé l'information sur mon propre mur avec des coeurs dans les yeux: Beyoncé n'est pas un membre de ma famille ou ma BFF...

Tout ça pour dire que cette avalanche de cris extatiques m'a fatiguée et m'a fait détester Instagram et Facebook, le temps d'une soirée (oui, je pardonne facilement!).

Vive Beyonce, vive ses bébés et vive l'esprit critique!

H.

jeudi 19 janvier 2017

L'EMPOWERMENT FEMININ PAR LE SPORT


Le titre un peu sérieux de ce post donne l'impression d'une dissertation mais pas de panique, pas de cours magistral ici mais une envie d'observer une tendance qui prend de plus en plus de place.
Difficile à vrai dire de trouver d'autres mots pour titrer cet article... Le choix d'un anglicisme peut faire grincer quelques dents mais on n'a toujours pas trouvé définition appropriée pour ce terme anglais issu du vocabulaire social, marketing et politique, que l'on trouve de plus en plus dans les discours féministes.
Il fut un temps où le sport avait une connotation physique conséquente: on faisait du sport pour avoir un beau corps et l'exhiber (ou exhiber son corps en faisant du sport). On pense 80s, justaucorps échancrés, aerobic, transpiration...
Et puis, entre-temps, est arrivé le sport mental, le sport bien-être comme le yoga, le pilates...Ces disciplines qui font travailler nos muscles tout en apaisant l'esprit.



Aujourd'hui, une nouvelle génération tend à vouloir combiner ces deux concepts: pratiquer une activité physique pour s'affirmer, se renforcer, dépasser ses limites,..., tout en l'accueillant comme une discipline de bien-être. 
Et dans cette mouvance, les femmes ont pris une place à part en ajoutant à leur démarche un moyen quasi-féministe de célébrer leur identité et leur puissance...Ce fameux empowerment: devenir maitresse de son existence et de son destin en se sentant plus forte physiquement et mentalement
Et la vache, qu'est-ce que c'est inspirant!

Il y a eu Beyonce et sa marque Ivy Park commercialisée à coups de campagnes de pub célébrant le mouvement, le dépassement de soi et surtout, le corps...Ce corps que les femmes se réapproprient, temple glorieux qu'elles façonnent pour le rendre encore plus fort et sensuel. Ce corps capable de donner la vie, de nous emmener encore plus loin dans l'effort, d'être beau, d'être sexy, d'être musclé, d'être doux....
Plus récemment, c'est FKA Twigs qui fait la promotion de Nike dans un clip hypnotisant, mêlant puissance et grace, poussant à toujours repousser ses limites pour avoir encore plus confiance en soi, assumer ses différences.

Des communautés féminines se retrouvent sur les plateformes en ligne comme le site Inside/Out ou à Paris, Chez Simone, véritable appartement dédié au bien manger, bien vivre et bien bouger. Il y a aussi ces fans d'indoor cycling qui nouent des amitiés solides en transpirant sur leurs vélos, toujours prêtes à aller encore plus loin, plus vite...inspirées par des figures comme Clotilde Chaumet, véritable prêtresse du yoga (elle a eu cette idée géniale du hip-hop yoga et coach d'indoor cycling chez Dynamo, que l'on suit allègrement sur Instagram.
Il fait vraiment envie d'en faire partie de ces bandes de filles belles, sexy, puissantes, authentiques et libres. Parce que y'a pas à dire, qu'on soit fille ou garçon, il faut bien l'avouer qu'on se sent divinement bien après avoir tout donné pendant une session sportive, d'avoir tendu un peu plus la jambe, fait une pompe de plus, couru 1 kilomètre de plus...Quel sentiment de grandeur quand on achève ce dont on s'imaginait incapable quelques instants plus tôt.
Et je sais de quoi je parle, depuis que je me suis remise plus sérieusement au sport, je me suis jamais sentie aussi bien.
Et vous? Vous avez aussi succombé à cette tendance? Rejoint la communauté sportive des réseaux sociaux?

Sur ce, je vous laisse, j'ai une séance de yoga et un entrainement concocté par le Nike Training Club qui m'attendent!

H.

lundi 2 janvier 2017

HELLO 2017!



Belle année les amis!! 

Avec la fin d'une année et l'arrivée d'une nouvelle, viennent le temps des bilans et des projets, des ambitions, des résolutions...

2016 a été une année compliquée pour beaucoup alors que les chagrins et challenges intimes se sont télescopés avec une atmosphère générale plutôt morose...Une année 2016 porteuse des angoisses engendrées par une fin 2015 des plus dramatiques, et entachée par des nouvelles tristes à n'en plus finir jusque les tous derniers jours de décembre.
Beaucoup souhaitaient la voir vite se terminer cette maudite année 2016 et c'est avec un certain soulagement que l'on accueille 2017.
On ne sait pas si elle sera plus heureuse que l'année passée mais il se peut que nous soyons plus préparés à l'affronter, qu'elle nous apporte de jolis ou de douloureux moments, on saura mieux les accueillir, blindés que nous sommes de vivre dans une ère complexe.

Nous ne sommes pas trop portées sur les résolutions de nouvelle année chez nous alors pas de promesses que nous ne risquons de ne pas tenir, mais plutôt des intentions.
Osez être déraisonnables et insouciants: le monde ne s'arrêtera pas de tourner si vous faîtes une connerie (enfin une connerie qui ne met pas votre vie ou celle d'autrui en danger, ou qui ne soit pas passible de 10 ans de prison, bien entendu!).
Sortez de votre zone de confort, ayez des projets, petits ou grands,..L'important n'est pas tant de réussir mais de faire des choses avec enthousiasme et énergie.
Redevenez l'enfant que vous étiez: vous aimiez dessiner, faire du skateboard, jouer de la musique, chanter, vous rouler dans l'herbe...? Et bien, recommencez, faites ce qui vous fait plaisir. Faites en sorte que votre vie ne tourne pas qu'autour de vos tâches domestiques et de votre boulot; je sais que ce n'est pas facile de trouver le temps mais on a toujours même juste un petit quart d'heure dans sa journée pour être parfaitement égoïste et ne faire que ce qui nous rend heureux (même si ça veut dire glander devant un épisode de Gilmore Girls).
Enfin, surtout, soyez bienveillants avec vous-même et les autres et j'aurai envie de dire, en priorité avec vous parce que c'est de là que tout part, acceptez vos moments de force et de faiblesse, vos joies et vos colères, vos atouts et vos imperfections (c'est digne d'une pub Meetic tout ça!).

Le monde qui nous entoure peut être terriblement brutal mais il peut aussi révéler tant de belles choses et il en est de même pour nous.

Alors aux rires, à l'amour, aux bêtises, aux ambitions, aux fêtes, au chocolat, aux câlins, et surtout, à nous!

H.

lundi 14 novembre 2016

LA MELODIE DU BONHEUR...

Le weekend entier a été morose, non seulement à cause d'une météo déprimante mais surtout parce qu'on a affronté un triste anniversaire. Le 13 novembre 2015, c'était il y a un an et la tristesse, l'incompréhension et la colère sont toujours bel et bien là, en nous, plus diffuses heureusement, mais bien présentes.
Hier, malgré la mélancolie et les pensées émues pour les copains disparus, il y avait aussi une jolie lumière, un éclat offert par les centaines de lanternes que l'on a déposées aux côtés de nombreux autres parisiens, sur le Canal Saint Martin. Une charmante façon de dire qu'on n'oublie pas mais que nous avançons, épaulés par ces belles étincelles.



Alors parce que c'est tellement plus beau de parler de la vie, voici une liste non exhaustive de ces petites choses qui rendent le quotidien si agréable:

-Plonger dans un bain chaud après une journée passée à frissonner
-Avoir un fou rire
-Ecouter ses chansons préférées et chanter (même en yaourt, c'est permis!)
-Sentir l'arôme enivrant du gateau au chocolat en train de cuire au four
-Racler et déguster goulument la préparation crue de ce gateau au chocolat
-Un diner entre amis
-Boire du champagne et se sentir pompette (oui c'est plus joli que bourrée)
-S'offrir des fleurs
-Regarder une comédie musicale, un vieux Disney ou tout film avec Audrey Hepburn
-Faire un câlin à son animal de compagnie
-Boire un bon thé chaud
-Se promener le long de la Seine
-Embrasser l'être aimé
-Se flatter d'un sourire ou d'un regard échangé avec un(e) bel(le) inconnu(e)
-Regarder des vidéos/photos de bébés animaux (y'a rien à faire, fonctionne à tous les coups!)
-Faire une pyjama party entre soeurs comme quand on était petites
-L'odeur du linge propre
-Faire l'amour
-Faire découvrir Snapchat à ses parents et les prendre comme cobayes
-Jouer à la guitare
-S'envoyer des mails longs comme des romans avec sa meilleure amie vivant à l'étranger
-Ecrire dans son journal intime
-Faire une overdose de sa série préférée au fond de son lit (et râler quand même un peu en découvrant qu'on ne dormira que 3 heures avant la sonnerie du réveil)
-Dessiner
-Faire un câlin à une personne qu'on n'a pas l'habitude de serrer dans ses bras
-Assister à un concert improvisé dans la rue (merci à la magnifique chanteuse qui nous a ravis d'un Amazing Grace incroyablement émouvant sur la Place de la République hier alors qu'on regagnait le métro)
-Ecrire un SMS un peu olé-olé dans un espace public (genre un métro bondé) et rire bêtement en imaginant le regard de vos voisins sur votre écran de téléphone
-Manger des bonbons qui piquent
-Rencontrer Mr Poulpe en promenant son chien et être aussi (intérieurement) excitée que si vous aviez vu Beyoncé (véridique et je ne m'en remets toujours pas: #fandesrecettespompettes)
-Un feu de cheminée
-Le ciel qui rosit quand le soleil se couche
-Se blottir sous un plaid et lire un bon bouquin
-Danser
-Respirer le doux parfum naturel d'un bébé
-Porter un pull en laine qui ne gratte pas
-Penser à Noel qui approche avec l'enthousiasme d'un enfant de 5 ans
-Accrocher des badges et des pins à ses fringues comme quand on était ados
-Aller au Musée d'Orsay et s'émerveiller devant Le Berceau de Berthe Morisot
-Boire un chocolat chaud bien épais
-Recevoir un compliment
-En rougir
-Manger un croissant au comptoir d'un bistrot
...

En bonus, cette chanson de la Mélodie du Bonheur qui a bercé notre enfance et à laquelle je pense toujours dès que le spleen s'installe


Tendresse,

H.